Corozal : le Belize hors des sentiers touristiques… et même un peu trop hors des sentiers !
Après une première partie de nuit agrémentée d'un concert de musique dont nous nous serions volontiers passés, nous avons finalement sombré dans un sommeil réparateur. Ce matin, décision ferme : nous allons faire le meilleur de cette journée ! Après tout, nous sommes au Belize, pas question de rester enfermés à bouder dans notre chambre.
Nous partons donc à la recherche du restaurant recommandé par Becky la veille. À deux pas de l'hôtel, nous découvrons encore une fois un bel endroit. Jolie décoration, serveuses souriantes et menu alléchant. Je choisis les gaufres aux fruits, tandis que Paul opte pour une omelette maya accompagnée de haricots, de saucisses et de tortillas soufflées. Un délice pour les deux !
Bien restaurés et remplis d'optimisme, nous retrouvons Owen, le cousin de Becky, qui doit nous faire découvrir les merveilles de Corozal et de ses environs. Nous embarquons dans sa van de 22 ans, dont le silencieux semble avoir pris sa retraite depuis longtemps. Le moteur ronronne, le muffler proteste et nous, nous nous accrochons à notre enthousiasme ! Heureusement, la climatisation fonctionne et Owen est sympathique. C'est déjà un bon début.
Première destination : Santa Rita, un site archéologique maya. Disons-le tout de suite, le mot « site » est peut-être un peu ambitieux ! Nous payons tout de même 30 $ BZ pour découvrir une petite structure de quelques pieds de hauteur. C'est plutôt modeste. Je regarde autour de moi, puis Owen, puis la structure… et je me demande si la visite n'est pas terminée avant même d'avoir commencé. Pour le prix, je m'attendais à rencontrer au moins une pyramide, ou à défaut un descendant de roi maya !
Je suis déçue, pour ne pas dire davantage. Mais bon, nous sommes venus pour découvrir, alors continuons !
Nous reprenons la route, cette fois en direction de Cerros, de l'autre côté de la baie. Une bonne demi-heure de voiture nous conduit jusqu'au site. À peine arrivés, nous sommes accueillis par une escadrille de moustiques affamés. Visiblement, eux aussi ont entendu parler de notre arrivée et ils ne veulent surtout pas manquer l'occasion de nous souhaiter la bienvenue. Ils nous tournent autour avec un enthousiasme qui frôle l'agressivité !
Nous déboursons encore 30 $ BZ pour l'entrée et, en prime, on nous remet du chasse-moustiques. À ce prix-là, j'espère qu'il est efficace ! Nous nous aspergeons généreusement, probablement assez pour éloigner aussi les oiseaux.
Nous suivons Owen, qui semble connaître le chemin. Nous arrivons d'abord à une petite structure abritant quelques explications sur l'histoire du lieu et ses anciens habitants. Les informations restent assez vagues. On comprend que Cerros fut autrefois une importante cité maya, mais les détails sur la vie de ses habitants et leur disparition sont plutôt limités.
Nous poursuivons sur un sentier longeant la baie et découvrons enfin quelques ruines. Une structure assez bien conservée se présente devant nous. Nous pouvons même y monter. Bon ! Cette fois, nous avons quelque chose à explorer !
Un peu plus loin, nous découvrons une autre structure, plus haute, mais malheureusement endommagée. Puis… c'est tout. Fin de la visite, fin des découvertes, fin du spectacle ! Pas de pyramides à perte de vue, pas de jungle mystérieuse remplie de temples cachés. Juste le chemin du retour.
Nous nous regardons. Bon, nous avons vu ce qu'il y avait à voir à Corozal ! Après deux sites mayas, quelques moustiques et 60 $ BZ de moins dans nos poches, nous pouvons presque ajouter « archéologues amateurs » à notre CV de voyageurs.
Il faut toutefois reconnaître que Corozal n'est pas une destination touristique comme les autres. Ici, pas de boutiques à souvenirs à chaque coin de rue, pas de groupes de touristes qui se suivent, pas de restaurants à touristes ni de grandes attractions aménagées pour les visiteurs. C'est une petite ville bélizienne qui vit à son propre rythme, loin des circuits touristiques habituels. On découvre davantage le quotidien des habitants que les décors de carte postale. C'est authentique, certes, mais il faut aimer la simplicité… et ne pas avoir placé ses attentes trop haut !
Sur le chemin du retour, nous demandons à Owen de nous arrêter au Corozo Blue's. Et là, enfin, un endroit qui nous plaît vraiment ! Un joli établissement au bord de l'eau, avec une belle vue sur la baie. Nous nous installons pour prendre une bière et faire ce que nous faisons de mieux en vacances : étirer le moment.
De la bonne musique, une petite brise qui vient nous caresser le visage, une bière bien fraîche et aucun programme à respecter. Pas besoin de ruines supplémentaires, de moustiques ou de structures mayas à escalader. Nous avons trouvé notre petit coin de bonheur !
Finalement, Corozal ne nous aura pas offert de grandes merveilles touristiques, mais elle nous aura permis de découvrir un Belize beaucoup moins fréquenté, avec ses habitants, ses petites surprises et ses endroits tranquilles.
Et puis, il faut bien l'admettre : nous ne pouvons pas passer nos journées à courir après les pyramides. Il faut aussi savoir s'arrêter pour boire une bière et regarder l'eau… surtout quand les moustiques nous ont déjà suffisamment fait courir ! 😂
Au retour, nous longeons le bord de la baie et découvrons quelques petits restaurants, un parc et des habitants qui viennent profiter de l'eau pour se rafraîchir et laisser les enfants barboter. L'ambiance est charmante, beaucoup plus vivante que ce que nous avions découvert au premier abord.
Tout doucement, nous commençons à nous réconcilier avec Corozal. Nous découvrons son petit charme, son rythme tranquille et cette vie locale qui ne cherche pas à impressionner personne.
Mais Paul et moi sommes d'accord sur une chose : nous ne viendrions certainement pas nous expatrier ici, même si plusieurs Canadiens et Américains ont fait ce choix. Nous aimons la vie simple, les endroits tranquilles et les plaisirs sans prétention… mais il y a tout de même une limite à notre amour de la simplicité ! 😂
Disons que Corozal est agréable à découvrir quelques jours, mais que nous ne sommes pas encore prêts à y installer nos pénates !